Editorial de janvier

Mesdames, Messieurs, Docteurs,

Je vous souhaite, au nom de l’APSSIS, une très bonne année 2019 !
Que le cycle qui s’annonce vous apporte santé, joies et bonheurs et pour chacune et chacun, les satisfactions espérées !

En cette rentrée 2019, c’est l’exemple de Patrick BESSON0, écrivain et chroniqueur au Point - qui y exprime sa pensée par une suite de pensées souvent bien pensées ! - que je prends la liberté de suivre, en vous proposant quelques réflexions numériques et cyber sécuritaires.

En 2018, j’ai lu 20 livres et 100 articles sur les IA1. Dans 100 % des thèses, analyses et propos, on parle de révolution, de disruption, de changement de paradigme, en bref : boum ! Des risques multiples et gigantesques sont clairement exprimés par de nombreux experts, de tous horizons. Il s’agit, entre autres, de risques sur le travail (entre 30% et 80% des emplois actuels auront disparu dans 20 ans), sur l’éthique (ultra transparence, nuages de données, bioéthique, transhumanisme), sur la survie de la race humaine (rien que ça !). Et alors ? On continue à foncer ? On ne prend pas 1 ou 2 ans pour en parler ? On ne crée pas une instance mondiale de régulation, un « Comité des sages » ?

C’est pas bien… J’ai dit à mon fils de ne pas trop forcer sur l’apprentissage des langues, vu que des IA traduiront parfaitement toutes les langues en temps réel, de visu, via des apps sur smartphone, dans moins de 7 ans et pour moins de 10 $.

En 2019, j’arrête de lire des livres, des études et des articles sur les IA, parce que c’est anxiogène. A mettre dans la même case qu’arrêter les chaînes d’infos continues, cesser de se perdre sur Twitter, LinkedIn, Youtube et autres sites où circule et se crée la connaissance. Veiller, apprendre, écouter est aussi addictif que les séries cyber sur Netflix…

Cela devient antinomique de vouloir faire lire à des jeunes les œuvres de Zola, Balzac, Flaubert, Rousseau, … qui font 500 pages en caractères 10, et qui se vivent dans un « temps long », alors que la vie des jeunes de 2019 se situe dans une succession de temps courts. Même conclusion si l’on prend 2 monuments comme « Il était une fois dans l’ouest » et « La soupe aux choux », proprement inregardables par les générations Y (1980 – 2000, digital natives) et Z (à partir de 2000, connected), trop élevées dans l’accélération, les messages courts.

Pourquoi les médias du passé déjà dépassés appellent leurs concurrents les « réseaux sociaux » au lieu de les nommer « médias »2 ?

Le RSSI et le DPO des établissements de santé siègent au CODIR / COSTRAT. Ils ont chacun 10 minutes - c’est court, mais c’est la tendance - chaque semaine pour présenter une synthèse du management des risques numériques et de l’état de la conformité aux Lois, dont le RGPD. Leurs interventions sont notées au PV et un relevé de décisions est suivi. Et pourquoi pas ?

On ne changera pas l’évolution, alors il faut changer les vecteurs d’acquisition des connaissances et de transmission de l’information, probablement tous les 10 ans. La génération ALPHA, dite de la transparence totale, se chargera de réaliser ce qu’il est encore difficile d’imaginer.

Bonne année numérique !

Vincent TRELY
Président de l’APSSIS

0 Patrick BESSON, Prix Goncourt - https://fr.wikipedia.org/wiki/Patrick_Besson
1 Je conseille La Guerre des intelligences, du Docteur Laurent ALEXANDRE, Black-Out, de Marc ELSBERG, Marseille 2040, le jour où notre système de santé craquera, de Philippe PUJOL, Armes de déstabilisation massive, de Pierre GASTINEAU et Philippe VASSET, Les crimes du futur, de Marc GOODMAN, Homo Deus, de Yuval Noah HARARI, Homo Artificialis, du Professeur Guy VALLANCIEN, entre autres
2 Définition de média :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Média, https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/média_médias/50085

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